repas_latisanebio_bonnaude_monobletSeize convives à table, réunis la semaine dernière, pour un repas bio 100% végétarien servi par nous-mêmes. Une nouvelle fois, Bonnaude s'est muée en lieu de repas à la ferme. Une pratique qu'on aime bien et qu'on devrait développer -un peu, pas trop- ces prochaines années. L'idée, c'est d'essayer de répondre à des demandes ponctuelles, émanant le plus souvent d'amis ou de proches d'amis, pour lesquels on enfile un tablier le temps de se mettre en quatre en cuisine avec pour pari à relever un thème précis quoique largement ouvert: bio et végétarien. Pourquoi bio? Eh bien pardi pour être simplement logique avec notre démarche initiale de néo-paysans bio. Oui mais pourquoi végétarien?
Là, je sens que ça freine peut-être chez certains d'entre vous. "Ouais, vous dites-vous et en partie avec raison, y nous ennuient ces végétariens-t'as-rien, à casser les ambiances inhérentes au savoir-faire millénaire inscrit dans notre gastronomie nationale classée au patrimoine mondial". Et c'est vrai : si manger végétarien peut être un plaisir, ça peut aussi devenir un calvaire dès lors qu'on renie tout ce qui, jusqu'à aujourd'hui a façonné nos cultures, nos terroirs, nos identités résumées au fond de nos assiettes. Alors oui, végétarien sans être rébarbatif car il nous apparaît qu'il est possible sinon souhaitable de proposer de ne pas manger de viande une fois de temps en temps, sachant que le prétexte selon lequel s'en dispenser nuirait à la santé est tout à fait faux à l'aune de la science et plus simplement bête à celle de nos humbles convictions.

repas latisanebio bonnaude monoblet (1)Et puis végétarien, ce n'est pas nécessairement graines macrobiotiques en entrée, quenelles de tofu en plat de résistance et galette de sésame en dessert. Non non non. En travaillant sur la saisonnalité des productions, autre préoccupation qui nous apparaît également sensée, cette fois nous avions rassemblé en cuisine les éléments suivants (liste non exhaustive) : betterave crue, chou rave, choux rouge et blanc, oignons, avocats, une vingtaine d’œufs pondus dans la semaine par nos quatre poules, élevées je le rappelle en liberté sur un hectare de parcours. Quoi d'autre ? Nous avions en réserve, au congélo, des aubergines grillées de l'été dernier, des griottes sauvages, un joli sac de cèpes. En conserve, faute d'avoir eu le temps d'en produire, du coulis de tomates et, pour préparer une des entrées, des pois chiches. Enfin en frais: du fromage blanc, des pélardons (fromages de chèvre) bio et locaux, du beurre, de l'emmental râpé, de la mozzarella (OK, pas de saison, celle-là mais bon, y'en avait vraiment besoin).

repas_latisanebio_bonnaude_monoblet__2_Avec tout ça, nos convives ont eu droit, dans le désordre, servi sur une table ronde qui servit de buffet pour l'occasion, à :
- un trio de houmous ma façon (pois chiches, huile d'olive, ail, cumin, jus de citron et fromage blanc), guacamole (avocats, huile d'olive, ail, sel, poivre) et caviar d'aubergines (avec ail et persil);
- une pizza végétale (tomate, fromage, basilic, estragon), une grande tarte aux oignons (avec thym, romarin sarriette et un peu de crème fraiche). Les pâtes étaient faites maison, avec une farine bio additionnée de graines entières.
- une salade de chou rave + betterave râpés avec vinaigrette classique, une autre composée de chou blanc et rouge et de carottes râpées avec une sauce au fromage blanc et miel de pays;
- une belle omelette aux cèpes avec ail et persil (pas trop cuite, hein, sinon ça ressemble à une semelle).
- un plateau de fromages de chèvre variés, de frais à demi-sec.
- trois tartes à la pâte sablée sucrée garnie d'une purée de framboises maison et de griottes entières.
- un café bio ou, pour les plus téméraires, une de nos tisanes.
Mon tout était accompagné de quelques bouteilles d'un vin blanc et rouge issu d'un producteur situé à moins de 20 km de chez nous et qui bénéficie du label bio AB ainsi que de celui de Nature et Progrès. Pour digérer l'ensemble de ces préparations dont on ose croire qu'elles ont séduit le palais de nos hôtes, le groupe s'est ensuite scindé en deux nos sans préalablement se délasser au rare soleil du jour : les premiers ont voulu partir à la conquête du sommet de Saint-Chamand, la colline qui nous protège (521m), les seconds ont préféré la promenade botanique et printanière sur nos terrasses. Dans les deux cas, nous nous sommes transformés en guide accompagnateurs. Beaucoup de travail, tout ça. Mais davantage encore de plaisir.