Traiteur commis d'office. Voilà le métier auquel il a fallu se frotter aujourd'hui. Pourquoi pas ? Après tout, cultiver la terre a-t-il comme autre objectif in fine que de nourrir ceux qui la peuplent ? Ce lundi donc, on a mis la cuisine sens dessus dessous pour mettre au point un menu dont on espérait qu'il fut biocoop repasà la hauteur de l'attente et surtout de la commande passée. De la part de qui ? Du réseau Biocoop, cette marque déjà ancienne dans le paysage de la distribution alimentaire biologique. Et plus précisément de la Fourmi et la Cigale, l'association qui, au chef-lieu voisin de Saint-Hippolyte-du-Fort, gère le magasin sous le nom de cette enseigne. Et hier, c'était jour de réunion au sommet pour près d'une vingtaine des représentants du réseau régional.

Au départ, il fut convenu que le séminaire de réflexion autour des nouvelles  stratégies commerciales à adopter face à l'émergence massive des rayons bio dans la GMS (grandes et moyennes surfaces), aurait lieu chez nous. On mettrait en place des tables et des chaises capables d'accueillir le groupe sous l'ombrage généreux du grand sophora, on installerait des câbles électriques pour allumer rétroprojecteur et autres tablettes du diable, on ferait de la popote avec les produits du jardin, et on ferait le service entre midi et une pour rassasier la légitime faim des convives. Finalement, ce qui fut convenu fut empêché par la météo. Un orage nocturne avait éclaté au-dessus de notre petit pays, il fallait donc renoncer et se replier dans une salle municipale...

biocoop repas 2L'humble et goûteux repas fut pris sur le pouce mais dans un plaisir partagé, soit dans la cour de l'ancienne caserne de Saint-Hippolyte où un franc soleil osait faire une dernière proposition -honnête- à l'été finissant. Vers 13h, nous voilà arrivés le véhicule rempli de victuailles à l'assaut de ventres vides criant, évidemment à pareille heure, famine. Le temps d'un déjeuner presque champêtre, les tables de la réunion du premier étage étaient redéployées façon buffet campagnard au rez-de-chaussée. Le menu, on espère qu'il a emporté l'adhésion des quelque 17 papilles. Il s'agissait de déguster une salade sauvage (feuilles de pimprenelle, de capucines, de violettes, fleurs de souci et de mauve, le tout sur une vinaigrette balsamique et jus d'orange pour défier l'amertume naturelle), une pizza maison, une tarte à l'oignon, une autre à la tomate et au chèvre, un plat de lasagnes végétales aux bettes et coulis maison, un ratatiné d'aubergines violette de Florence relevé d'ail et persil, un taboulé avec tomates du jardin, concombres, morceaux de pommes du verger, oignons doux des Cévennes, estragon, basilic... Quoi d'autre ? Un gratin de pommes de terre du jardin et, pour faire riche et ne pas déplaire aux non végétariens, un sauté de porc au curry cuit et recuit à feu doux pendant deux jours... Après le fromage (les pélardons quasi-corses de Daniel et Edith en ce qu'ils sont faits comme avant que l'intégration normative européenne édicte des règles de fabrication en forme de tue-l'amour), les desserts n'étaient pas oubliés : tarte à la framboise (du jardin, eh oui encore) meringuée, salade de fruits (prunes en conserve de la maison, bananes, raisins, pommes, canelle et éclats de chocolat...), tuiles nature et aux amandes (du jardin aussi pardi), figues longues d'août et gâteau aux pommes. Bref, un repas riche en couleurs et peut-être même en saveurs. 14 h 30, nous plions boutique pour laisser ces messieurs-dames remonter tables et chaises en vue de reréfléchir à de nouvelles stratégies, l'estomac assaini par une de nos tisanes digestives et/ou d'un café malheureusement trop clair. La nôtre, de stratégie, consista ce jour-là à tenter de nous rendre crédibles dans la conception d'une pause déjeuner la plus écologiquement acceptable. Que ceux qui étaient présents parmi les lecteurs de cette humble restitution aient l'obligeance de nous faire croire que ça leur a plu !